Dissertation Explicative Sur Boule De Suif

Guy de Maupassant, Boule de Suif : A. Introduction : : Boule de Suif est une nouvelle realiste de Guy de Maupassant parue en 1880. Cette nouvelle : raconte l’anecdote sordide arrivee a Boule de Suif durant la guerre de 1870. Les themes : principaux sont la nourriture, l’argent et la guerre de 1870 qui a beaucoup marquee : Maupassant. : Il est interessant d’etudier cette nouvelle car Maupassant y montre l’hypocrisie de la haute : societe et du clerge. Nous allons voir dans le developpement que Boule de Suif, une prostituee, : apparait bien plus respectable que les « honnetes » bourgeois et qu’elle nous inspire la compassion. Dans cette nouvelle, Maupassant denonce la monstruosite des etres humains. : : : B. Le developpement : : 1. Presentation de l’auteur : : Guy de Maupassant, ecrivain realiste francais (chateau de Miosmenil, Seine Maritime : 1850-Paris 1893). Apres une enfance libre et heureuse en Normandie, il assiste a la debacle de : 1870, puis accepta un emploi de fonctionnaire a Paris. Parallelement a une vie sportive et : joyeuse (les parties de canotage de Mouche), il fit son « apprentissage » litteraire sous la : direction de Flaubert, ami de la famille, qui lui imposa les exigences de l’esthetique.

Il publia : Boule de Suif (1880) qui le fit connaitre. On trouve deja la une thematique recurrente dans ses : nouvelles qui est la monstruosite des etres humains. Ces recueils evoquent tour a tour la : Normandie, le cynisme des milieux parisiens, la cruaute des etres humains et la guerre de 1870 : qui la beaucoup marquee. A partir de 1881, sa sante se degrade et il commence a delirer. Il est : interne a la clinique de Passy ou il y meurt en 1893 en laissant de nombreuses nouvelles et : quelques romans. : : :

2. Resume : : L’action se deroule en Normandie pendant l’hiver de la guerre de 1870-71.

Dix personnes : fuient en diligence Rouen qui est occupee par les Prussiens. Parmi ces gens, se trouvent une : prostituee surnommee Boule de Suif. Elle est au debut meprise par les autres voyageurs, qui : comportent des bourgeois et deux bonnes s? urs. Mais quand la faim les pousse a manger les : provisions qu’elle seule a penser a emporter, ils deviennent plus courtois avec elle. Arrives dans : la ville de Totes, un officier allemand les oblige a rester dans l’auberge jusqu’a ce que Boule de : Suif cede a ses avances. La plupart des voyageurs se concertent pour pousser Boule de Suif a : l’acte.

Elle finit par se sacrifier et ils peuvent enfin repartir. Au retour dans la diligence, les : voyageurs meprisent Boule de Suif pour ce qu’elle a fait et ils la laissent pleurer seule dans son : coin. : : :

3. La structure de l’? uvre et ce qui en decoule : : Dans Boule de Suif, le narrateur utilise la focalisation zero. :

a)Le schema narratif : Situation initiale : : -occupation allemande : -la diligence arrive a Totes : : : Elements perturbateurs : : -diligence bloquee par le Prussien : -refus de Boule de Suif : : : Dynamique d’actions : : -attente : -l’argumentation pour la « conspiration » : -evolution des personnages : : Resolution : : -decision de Boule de Suif a ceder au desir du Prussien : : : Situation finale : : -Depart de la diligence. : -Boule de Suif est humiliee et pathetique : : :

b)Etude du mouvement : : -p. 9 a 13 : L’invasion des Prussiens a Rouen. : -p. 13 (« on partit …») a 22 : La 1ere journee en diligence : les voyageurs font connaissance. : -p. 22 (« des petits points… ») a p. 26 : La premiere nuit a l’auberge. : -p. 26 (« Comme on avait decider… ») a 29 : L’officier allemand refuse de laisser repartir les : voyageurs. : -p. 29 (« L’apres-midi ») a p. 30 : Les voyageurs apprennent la cause du refus de l’officier. -p. 30 (« on se leva ») a p. 36 : Troisieme jour a l’auberge : debut de la conspiration. : -p. 36 (« le dejeuner fut tranquille ») a p. 39 : Quatrieme journee : Boule de Suif cede. : -p. 39 (« le lendemain ») a la fin : Cinquieme jour : depart de l’auberge et humiliation de Boule de : Suif. : : :

c)La vitesse de narration : : Les scenes (passages ou la duree des evenements correspond a la duree de leur representation) : dialoguees sont nombreuses dans Boule de Suif mais ne durent jamais trop longtemps. L’un des : dialogues les plus significatifs est celui entre le comte et l’officier prussien (p. 9) : la froideur et le : laconisme de ce dernier soulignent le caractere bloque de la situation. : Les sommaires sont en majorite les passages ou les voyageurs conspirent entre eux pour amener : Boule de Suif a ceder au chantage du prussien et ceux qui evoquent les conversation a table. : Lors du diner du troisieme jour au cours duquel la comtesse parvient a faire intervenir la : religieuse de maniere decisive, Maupassant mele la technique du sommaire a celle de la scene. : En effet, tantot il rapporte au style direct les paroles de la religieuse, tantot il resume au style indirect les principaux arguments avances par les interlocuteurs.

La generation de la ronde

Cela permet a Maupassant de : tirer le meilleur parti des deux techniques : avec la scene, il met en valeur l’impact dramatique de : tel ou tel argument ; avec le sommaire, le narrateur prend ses distances par rapport aux : arguments et peut les presenter ironiquement en faisant ressortit l’hypocrisie des voyageurs. : Ce sont surtout les nuits qui donnent lieu a des ellipses. Dans Boule de Suif, la nuit est une : periode d’evolution psychologique comme l’affirme le dicton « la nuit porte conseil ». On le voit tres clairement dans ce passage : « Aussitot le repas termine, on remonta bien vite dans les : chambres pour ne descendre que le lendemain, qu’assez tard dans la matinee. Le dejeuner fut : tranquille. On donnait a la graine semee la veille le temps de germer et de pousser ses fruits. » : (p. 36). : Il apparait donc que la nouvelle ne comporte pas vraiment de temps morts. Meme les ellipses : font avancer l’intrigue sur le plan psychologique. :

d)Linearite de l’intrigue : : Dans cette nouvelle, l’auteur ne transforme pas l’ordre des evenements, ne fait pas de prolepse. La narration suit l’ordre chronologique des faits. Il y a juste deux analepce, quand Boule de Suif : raconte la cause de sa fuite et lorsque Loiseau dit qu’il a surpris, deux nuits auparavant, Boule : de Suif et Cornudet dans le corridor. Mais ces deux exemples proviennent de la parole des : personnages, alors Maupassant n’effectue jamais directement de retour en arriere dans cette : nouvelle. : e)Symetrie et repetitions : : Maupassant utilise les effets de symetrie et de repetition dans cette nouvelle. Par exemple, le : trajet en diligence a la fin rappelle celui du debut. Mais il y a une difference majeure.

Au debut, : c’est Boule de Suif partage ses provisions avec les autres voyageurs, mais a la fin, celle-ci a : oublie d’en amener et les autres voyageurs ne lui en donne meme pas une miette. Le parallelisme : de ces deux scenes produit un contraste choquant qui revele la bassesse et l’ingratitude de la « : bonne » societe. : D’une part, Maupassant utilise ce procede car c’est une nouvelle realiste et la vie quotidienne : est une repetition d’action. D’autre part, ces effets de repetition montrent que Maupassant a une : vision pessimiste de la societe. : : :

4. Les personnages principaux : Les personnages de Boule de Suif representent toute la societe francaise. Il est clair que : Maupassant a voulu montrer les diverses classes sociales et un riche eventail de types humains. : Nous allons voir que les personnages sont associes en couple (Boule de Suif-Cornudet, les : couples maries et le couple de religieuse). : a)Boule de Suif : : Identite : Tout le long de la nouvelle, elle est nommee par son surnom « Boule de Suif » qui fait : allusion a son physique rond et gras : « suif » signifie graisse. Il faut attendre plusieurs pages : (p. 23) avant d’apprendre son vrai nom qui est Elisabeth Rousset.

Ce simple detail indique : qu’elle n’a pas sa place parmi la societe « honnete » car le nom est une marque de respect. Le : sien n’est prononce que trois fois au cours de l’histoire, et en plus dans un contexte : deshonorant, puisque c’est lorsqu’on lui demande si elle accepte de ceder au desir de l’officier. : Boule de Suif n’est pas qu’une prostituee de bas etage car elle a une maison a Rouen et une : domestique. Elle est plutot une « demi-mondaine » car ses clients devaient etre des bourgeois. : Elle vit donc de cet ordre social et de ses vices prives. : Elle doit fuir Rouen a cause de l’arrive des Prussiens. : :

Portrait physique : Elle est petite, ronde de partout, grasse a lard, avec des doigts bouffis, : etrangles aux phalanges, pareils a des chapelets de courtes saucisses, avec une peau luisante et : tendue, une gorge enorme qui saillait sous sa robe, elle restait cependant appetissante et courue, : tant sa fraicheur faisait plaisir a voir. Sa figure etait une pomme pivoine pret a fleurir, et : la-dedans s’ouvraient, en haut, deux yeux noirs magnifiques, ombrages de grands cils epais qui : mettaient une ombre dedans ; en bas, une bouche charmante, etroite, humide pour le baiser, meublee de quenottes luisantes et microscopiques (p. 16). : : : Portrait morale : Maupassant ne la presente pas comme tout a fait stupide, elle est plutot naive et : inconsciente jusqu’a la derniere scene de la malveillance fondamentale des autres voyageurs. : Mais cette naivete est la consequence de sa nature genereuse, qui la pousse a faire confiance : aux autres, et a vouloir les aider. On le voit bien lors du premier jour de voyage, lorsqu’elle offre : toutes ses provisions a ses compagnons. Ce sacrifice n’est pas superflu pour elle : tout, dans son : physique, indique une extreme gourmandise.

Lorsqu’elle cede finalement a l’officier, c’est pour : satisfaire les autres voyageurs. On sent qu’elle aurait resiste jusqu’au bout si elle avait ete seule. : Le prussien, qui « connait bien la nature humaine » (p. 32), l’a bien compris, et c’est pour cela : qu’il retient tous les voyageurs. Il compte sur ces etres faibles et laches pour faire flechir la : genereuse et patriote fille corrompue. : Boule de Suif a un respect sincere pour la patrie, l’Eglise et le trone qui devraient normalement : representer cette societe « honnete » qui la meprise. Son patriotisme est tout a fait spontane.

Elle : doit fuir Rouen car elle a agresse physiquement un militaire prussien qui etait venu requisitionner : son domicile. Cet acte montre son amour pour la France et sa haine contre l’ennemi. Cette haine : de l’occupant s’exprime aussi par une agression verbale : elle demande a l’aubergiste de : transmettre son refus formel a « cette crapule, a ce saligaud, a cette charogne de Prussien » : (p. 30). Elle manifeste egalement ses pudeurs patriotiques de maniere symbolique. Lorsque : Cornudet lui demande ses faveurs, elle refuse, non parce qu’il lui deplait, mais a cause de la presence de l’Allemand. Enfin, lorsque l’officier fait descendre les voyageurs de la diligence, : c’est elle qui descend la derniere, voulant par ce geste defier ce militaire impertinent. : Le paradoxe le plus amusant de Boule de Suif est son respect religieux. Dans la diligence, elle : propose de la nourriture aux deux religieuses d’une voix « humble et douce » (p. 19). Ce sont : egalement les arguments de la religieuse, habillement sollicites par Mme de Breville, qui semblent : finalement faire ceder Boule de Suif. Enfin, elle se rend a l’eglise et explique a ses compagnons que « c’est si bon de prier quelquefois » (p. 34).

Sa piete apparait donc sincere. Elle contraste : avec les prieres mecaniques des religieuses et la religiosite hypocrite de la comtesse, qui n’hesite : pas a abuser de la religion pour pousser Boule de Suif dans les bras du prussien. : En politique, Boule de Suif est bonapartiste. Elle s’emporte violemment quand Cornudet attribue : les malheurs de la France a « cette crapule de Badinguet » (p. 21). Elle exprime son mepris « les : polissons comme vous ». « Vous » s’adresse a Cornudet et aux personnes qui ont trahi : l’empereur : les republicains. Son conservatisme social parait invraisemblable car il est rejete et marginalise par l’ordre social : meme qu’elle admire et respecte. A la fin de la nouvelle, elle se retrouve completement a l’ecart : des autres voyageurs apres avoir obtenu leur liberation en cedant a l’officier. Ces etres : hypocrites et ingrats, qui « l’avaient sacrifiee d’abord, rejetee ensuite » (p. 40), ne lui offre meme : pas a manger. Le dernier mot de la nouvelle est « tenebres ». Au premier degre, il s’agit bien sur : de la nuit qui est tombee, mais symboliquement, ces tenebres traduisent la tristesse et la solitude : de cette victime. : :

Role : Boule de Suif est le personnage principal. Cette prostituee permet aux autres voyageurs : de quitter Totes. Boule de Suif symbolise la resistance contre l’occupant. : : :

Conclusion : Son personnage est construit sur une apparence contradictoire entre sa vie de : prostituee et son attachement au patriotisme, a l’Eglise et a l’empereur. C’est une victime qui : nous inspire la pitie et la compassion. Cette fille corrompue parait bien plus honnete que les : bourgeois de la societe dite « honnete ». : b)Cornudet : : Identite : Cornudet est essentiellement defini par ses opinions politiques. C’est un democrate, ennemi du regime imperial et de la bourgeoisie qui s’y est ralliee, d’ou son surnom « Cornudet le : democ » (p. 15). A priori, il apparait plus sympathique que les autres personnages et le fait qu’il : soit lui aussi marginal le rapproche de Boule de Suif. D’ailleurs, celle-ci s’appelle Elisabeth : Rousset et Maupassant a dote Cornudet d’une barbe rousse. L’auteur veut peut-etre ainsi : symboliser le rapprochement entre ces deux personnages. Mais en definitive, Cornudet est un : faible qui trahit egalement Boule de Suif. : : : Portrait morale : Maupassant insiste sur le cote vain et ridicule de Cornudet. Il est deteste la bourgeoisie, alors qu’il est lui-meme un fils de bourgeois, qui a herite d’ « une assez belle fortune : ».

Ses actes revolutionnaires se resultent surtout a de grands discours et sa bravoure devant : l’ennemi est assez superficielle. Il s’est contente des pieges et dresser des barricades, pour : s’enfuir comme les autres des que les Prussiens arrivent. : A la fin de la nouvelle, au lieu de defendre Boule de Suif et d’affronter directement les bourgeois : qui la laissent pleurer dans son coin, il se contente de les narguer en chantant La Marseillaise. Ce : chant exprime un patriotisme revolutionnaire. D’une part es fiers couplets font honte aux : bourgeois de leur lachete, et d’autre part, ils leur lancent un defi d’extreme gauche. Mais ce defi : ne satisfait que l’amour-propre de Cornudet car il ne fait rien pour changer la situation de Boule : de Suif. La vanite de son patriotisme se remarque lorsqu’il considere celui de Boule de Suif d’un : air fier et un peu dedaigneux. Lorsque Maupassant dit « Les democrates a longue barbe ont le : monopole du patriotisme comme les hommes en soutane ont celui de la religion » (p. 21), il veut : montrer que la foi republicaine de Cornudet est aussi hypocrite et presomptueuse que la foi religieuse du clerge. : Cornudet montre peu de solidarite envers Boule de Suif sans doute parce qu’elle a refuse ses : avances. Celle-ci, en effet lui refuse l’entree de sa chambre par « pudeur patriotique ». : Autrement dit, la femme « facile » ne veut pas se prostituer en presence de l’occupant prussien. : Lorsque Cornudet declare aux voyageurs qu’ils ont commis une « infamie » en poussant Boule : de Suif dans les bras de l’Allemand, Loiseau comprend qu’en fait Cornudet est jaloux. Meme si : c’est le jugement d’un personnage vulgaire et meprisable, il ne manque pas d’une certaine : vraisemblance.

Malgre son sentiment de superiorite morale, Cornudet est certainement aussi : egoiste que les bourgeois qu’il hait. : : : Role : C’est un revolutionnaire patriotique qui ne fait rien pour defendre Boule de Suif car il est : lache. : : : Conclusion : Cornudet est un revolutionnaire patriotique qui deteste la bourgeoisie, mais il : n’aide pas Boule de Suif a cause de sa lachete et de sa jalousie : c)Les couples de la « bonne » societe : : Nous allons voir les couples qui forment la « bonne » societe par ordre croissant de niveau : social. Nous allons commencer par le moins raffine de ces menages, les Loiseau. : Les Loiseau : : Identite de M. Loiseau : Contrairement a M. Carre-Lamandon qui est un grand bourgeois dans : l’ame, Loiseau est un homme du peuple, sans dignite ni education. C’est seulement sa reussite : financiere qui l’a range du cote des bourgeois, il n’est en fait qu’un « parvenu ». : : : Portrait morale de M. Loiseau : On voit lors du diner final, son gout pour les plaisanteries : sexuelles. Cela revele sa nature vulgaire. On remarque aussi qu’il ne sait pas se tenir, il est le : premier a crier famine dans la diligence. C’est le seul moment de la nouvelle ou il se montre : amical.

En effet il exprime sans honte cette faim que tous les autres voyageurs ressentent, et son : cote simple, qui contraste avec l’attitude hautaine des autres bourgeois, l’amene a accepter la : nourriture et le rhum que les autres dedaignent. : Maupassant insiste sur sa bassesse morale. Meme ses amis le considere comme un « fripon : madre ». Le vin qu’il vend est plusieurs fois qualifie de mediocre. Il n’a aucun scrupule : patriotique, et compte bien exiger au Havre le paiement, par l’armee francaise, de l’infame : piquette qu’il lui a vendue. : Il se montre particulierement bas lorsque, bouillant de rage et d’impatience devant le refus de Boule de Suif, il propose aux voyageurs de la livrer « pieds et poings lies » a l’officier prussien. : La ruse et la malhonnetete font a ce point partie de son caractere qu’il ne peut s’empecher de : tricher aux cartes avec la complicite de son epouse. : : : Portrait morale de Mme Loiseau : Sa femme est d’un caractere aussi meprisable que lui, bien : qu’elle soit differente. Si M. Loiseau est, dans ses meilleurs moments, bon vivant et convivial, : Mme Loiseau est dure et seche. Son « ame de gendarme » (p. 32) ne comporte pas un atome de : generosite ni d’humour. On le voit bien quand son mari, par plaisanterie, dit aux voyageurs, que sa faim est telle qu’il paierait cent francs pour un simple jambonneau. Mme Loiseau a un geste : de depit car elle est tellement avare qu’elle ne comprend les blagues au sujet de l’argent. Sur un : point, elle lui ressemble : elle est aussi peu scrupuleuse que son epoux, et s’entend tres bien avec : lui pour tricher aux cartes (p. 29). : : : Portrait physique des Loiseau : La difference de caractere entre ces deux epoux se reflete dans : leur physique : alors que Loiseau est petit, gras et rougeaud, sa femme est grande et tout son : corps n’est qu’une « dure carcasse » (p. 26). : :

Role : Les Loiseau participent a la « conspiration » pour faire capituler Boule de Suif. : : : Les Carre-Lamandon : : Identite et portrait morale : M. Carre-Lamandon : Plus riche que les loiseau, les : Carre-Lamandon sont aussi, comme dit Maupassant, d’une « caste superieure ». Ce sont de « : vrais » bourgeois, avec toute l’education et la tenue que ce statut implique. Mais la encore, ce : n’est qu’une apparence. : Industriel normand, riche et respecte, M. Lamandon-Carre est un homme qui vit constamment : dans l’hypocrisie. Durant le regime imperial, il a fait figure d’opposant politique, mais, comme nous le dit Maupassant, c’est uniquement pour se faire « payer plus cher son ralliement » (p. 14). : Il n’a donc pas de veritables et honnetes convictions politiques. Son seul interet est l’argent et le : prestiges social. : Cette absence de convictions entraine chez lui de flagrantes contradictions internes. Si, d’une : part, il admire le panache militaire, ce grand commercant deplore, d’autre part, que l’arme coute : aussi cher a l’Etat, et emplois de maniere « improductive » quantite de bras que l’on pourrait : utiliser pour « de grands travaux industriels » (p. 25). A travers lui, Maupassant critique l’ambiguite ideologique de la grande bourgeoisie marchande. : Mme Carre-Lamandon : L’auteur decrit Mme Carre-Lamadon comme jeune et jolie. Elle : montre beaucoup de dedain a l’egard de Boule de Suif mais elle n’est guere plus vertueuse que : la prostituee. En effet, la « jolie Mme Carre-Lamandon » est « la consolation des officiers de : bonnes familles envoyes a Rouen en garnison »(p. 15). Cette phrase en dit long. Elle trompe : probablement son mari, qu’elle n’a sans doute epouse que pour son argent, avec des hommes : plus jeunes que lui. En plus, sa faiblesse pour les jeunes officiers est confirmee quand elle dit que l’officier prussien lui parait « pas mal du tout » (p. 32), et c’est la de sa part un jugement de « : connaisseur ». Malgre sa facade de respectabilite bourgeoise, elle est aussi legere, sinon plus, : que Boule de Suif. : : :

Role : Ils representent la bourgeoisie commercante. Ils participent a la debauche de Boule de : Suif. : : : Les Breville : : Identite : Apres la petite puis la grande bourgeoisie, Maupassant nous presente, avec le comte et : la comtesse de Breville, le plus haut niveau social, celui de l’aristocratie. : : : Portrait morale du comte : Ces nobles sont aussi hypocrite et lache que les bourgeois.

Malgre sa : noblesse, M. de Breville n’a pas de courage et d’honneur. Maupassant nous le presente comme : un « diplomate », il est issu de « trois generations d’ambassadeurs » (p. 52). Ce trait, qui n’est : pas negatif en soi, equivaut, chez le comte, a une attitude lache et soumise. Loin d’approuver le : courage de Boule de Suif, il encourage celle-ci a ceder au prussien car « il ne faut jamais resister : au plus forts » (p. 23). Cette lachete erigee en philosophie est d’autant plus meprisable que le : comte se vante d’etre un descendant de Henri IV, a qui il s’efforce meme de ressembler : physiquement.

Mais la seul marque de superiorite que possede le comte est le controle qu’il a : de lui-meme, et de son esprit d’initiative. C’est lui qui s’impose naturellement comme la tete de : la « conspiration » destinee a faire flechir Boule de Suif. Il possede egalement l’art de la parole, : que ce soit pour parler a l’officier prussien, a ses compagnons ou a Boule de Suif, il sait toujours : employer les mots et le ton adapte a la situation. Mais il n’est qu’un homme de discours. Chez : lui, la noblesse n’est que forme et apparence. : : : Portrait morale de la comtesse : La comtesse excelle aussi dans l’art de paraitre.

Elle a « grand : air », comme le precise Maupassant, ce qui lui a permis, bien qu’elle soit noble de naissance, : d’etre acceptee par l’aristocratie normande. Vis-a-vis de Boule de Suif, elle sait se montrer : aimable, mais cette attitude trahit avant tout de la condescendance et un enorme complexe de : superiorite. : Comme le comte, elle a le sens de l’initiative, et c’est elle qui a l’idee d’utiliser des arguments : tires de la religion pour faire ceder Boule de Suif. Tres ruse, elle amene la religieuse a dire que : Dieu serait tout dispose, vu les circonstances, a pardonner a Boule de Suif son « peche ». Cette grande dame, comme les autres, finit par s’amuser « comme une folle » des plaisanterie : obscenes de Loiseau, lors du diner final (p. 38). : : :

Role : Ils representent l’aristocratie et il participe aussi a la debauche de Boule de Suif. : : :

Conclusion : : Ces couples qui representent la « bonne » societe apparait bien moins respectueux que Boule de : Suif qui est une prostituee. Ils sont hypocrites, laches, insolents, egoiste et denues d’honneur et : de vrai patriotisme. Cela montre que leurs valeurs ne sont qu’une apparence car ils sont en : realite meprisable. Il y inversement des valeurs dans cette nouvelle. d)Les deux religieuses : : A travers les deux religieuses, Maupassant fait une caricature de l’hypocrisie et de la devotion a : la religion. Il devait mettre des personnages du clerge dans la nouvelle car la religion officielle set : de base ideologique et de justification a la domination des classes superieures qui sont : representer par les trois couples. C’est la « bonne » societe qui a « de la Religion et des : Principes » (p. 15). : La plus agee des religieuse est presentee comme tres masculine, alors que la plus jeune, sa « : chere s? ur Saint-Nicephore » est « mignonne » (p. 5) et fragile, d’un aspect maladif. Elles : forment donc presque un couple. Elles ressemblent a des automates et semblent deshumanisees : lorsqu’elles recitent leur priere. Elles ont des reflexes d’esclaves : lorsque le prussien fait : descendre les voyageurs de la diligence, elles descendent en premiere, en « saintes filles habituee : a toutes les soumissions » (p. 22). La plus agees des deux est tres masculine car elle a passe sa : vie dans l’armee a soignant les blesses sur le champ de bataille. C’est « une vraie bonne s? ur : Ran-tan-plan » (p. 36), elle a une ame de soldat. C’est elle qui acheve de vaincre la resistance de Boule de Suif en affirmant qu’un peche est vite : pardonne s’il est accompli pour des motifs louables. Sa philosophie morale est tres habile. :

e)L’officier prussien : : L’officier est un symbole de la « goujaterie naturelle du militaire victorieux » (p. 29). Toute son : attitude est caracterisee par la tyrannie arbitraire. Il ne prend meme pas la peine d’expliquer son : refus : « che ne feux pas…foila tout » (p. 29). Maupassant fait de lui une caricature impitoyable. : Il imite son accent allemand. Physiquement, l’officier est ridiculement guindee, il est serre dans son uniforme « comme une fille dans son corset » et sa moustache est « demesuree » comme : son arrogance (p. 22). : f)Les aubergistes : : Le couple de Follenville, qui sont les aubergistes de Totes, sont la caricature des petits : bourgeois issus du peuple, sans grande education comme les Loiseau. D’ailleurs Loiseau : sympathise avec eux. Mais ils sont plus sympathiques que les Loiseau car ils n’ont pas de : pretentions. Le « bon sens » paysan de Mme Follenville, lorsqu’elle confie aux voyageurs son : opinion sur la guerre et l’armee prussienne, impressionne M. Carre-Lamandon. Il se peut que Maupassant exprime son propre point de vue a travers elle. : En revanche, le gros Follenville est assez lache et la franchise avec laquelle sa femme parle a des : etrangers l’inquiete. Il lui conseille a plusieurs reprises de se taire. D’autre part, il joue le role du : messager de l’officier prussien quand il demande a Boule de Suif de la part de celui-ci si elle : veut bien ceder a son chantage. Cela le rend passivement complice du vainqueur tyrannique. Il : ne se preoccupe pas du malheur de la France et de l’infortune de Boule de Suif, tout ce qui : l’interesse, c’est de preserver son auberge et ses interets personnels.

A cet egard, il appartient : bien a la meme categorie que Loiseau, Carre-Lamandon et Breville. :

g)Les autres personnages : : Il y a les soldats, le cocher et le bedeau de Totes. : Maupassant ne se prive pas de critiquer les soldats de l’armee francaise peu glorieuse. Malgre : leur defaite, il sont toujours orgueilleux. Un an plutot, ils se montraient aussi arrogant que les : prussiens vis-a-vis des Rouennais. Les officiers sont des « fanfarons ». Quand eux simples : soldats, ils ont des « airs de bandits » (p. 9) et sont des « pillards debauches » qui font plus peur : a leurs propres officiers qu’a l’ennemi.

Ils sont incompetents sur le plan militaire. : Par contraste, les Prussiens ont l’apparence d’une armee puissante et disciplinee, mais ces : qualites les deshumanisent. Ils ne sont pas des individus, mais une simple « masse noire » et des : « flots envahisseurs » (p. 10). : Le cocher est un personnage passif qui obeit sans poser de questions lorsqu’on l’interdit de : repartir de Totes : Le bedeau est decrit ironiquement comme les deux religieuses par Maupassant. Cela prouve : l’antipathie de Maupassant pour l’Eglise Ce « vieux rat d’eglise » admire sans reserves les : soldats allemandes. (p. 27).

Il utilise le meme argument que Mme Follenville : « ce sont les : grands qui font la guerre » (p. 27). A ses yeux, les soldats ennemis sont des victimes de leurs : dirigeants, autant que les Francais occupes. Cette attitude conciliante vient de sa betise et de sa : lachete. : : : 5. Les themes principaux : : Les themes principaux sont l’argent, la nourriture, la guerre, le realisme, l’argumentation et : l’hypocrisie. :

a) L’argent : : L’argent joue un role capital dans cette nouvelle car c’est une satire des classes superieures de : la societe. Quoique tres differents par leur education et leurs opinions politiques, Loiseau, Carre-Lamandon et Breville sont unis par l’argent. : L’argent les rend « freres », meme s’il n’y a aucune fraternite entre eux. Ces trois homme unis : par « un instinct conservateur », constituent une alliance anormal, car pendant la revolution : (environ 80 ans plus tot), ils auraient ete ennemis. En effet, le comte represente l’aristocratie et : les deux autres la bourgeoisie commercante. : Maupassant prouve que les idees et les valeurs de chaque classe sont secondaires par rapport a : la fortune, qui est la seule veritable distinction des individus. Ils appartiennent tous les trois a « la grande franc-maconnerie de ceux qui possedent » (p. 17). Leur richesse proviennent de sources : differentes. Loiseau s’est enrichi par le commerce, Carre-Lamandon par l’industrie, et le comte : par heritage. : Maupassant nous presente des attitudes differentes par rapport a l’argent. Cornudet est le plus : genereux, il a depense son argent pour ses amis republicains. A l’oppose, Mme Loiseau est : d’une extreme avarice, et ne supporte meme pas que l’on plaisante de l’argent. Son mari est : plus genereux car c’est lui qui offre le champagne lorsque les voyageurs celebrent la capitulation de Boule de Suif (p. 37). Entre ces deux extremes, M. Carre-Lamandon donne l’image d’un : gestionnaire prudent comme il convient a un homme d’affaire respectable. Il a constitue un : capital au cas ou la guerre l’oblige a se refugier en Angleterre. : Conclusion : Maupassant presente la bourgeoisie normande comme tres lache et tres avare. « : Emascules par le commerce » (p. 10), les Rouennais n’osent refuser de payer le tribut de guerre : qu’exigent les prussiens. Mais plus ils sont riches, plus ils souffrent de voir leur argent passer : entre les mains des vainqueurs. :

b) La nourriture : Les repas sont importants dans Boule de Suif parce qu’ils rythment le temps de l’histoire et : parce qu’ils constituent le lien social entre les personnages. : : : La nourriture comme un lien social : Ce sont en effet les repas qui permettent aux voyageurs de communiquer. Pendant le voyage en : diligence, c’est la faim qui pousse les voyageurs a parler de nourriture. Plus tard, quand Boule : de Suif partage ses provisions avec eux, ils se sentent obliger de lui parler, malgre le mepris : qu’ils eprouvent pour elle. Maupassant insiste beaucoup sur ce 1er repas en diligence pour installer un contraste frappant avec le repas final ou les voyageurs tres ingrats degustent leurs : repas froids, sans en offrir a la malheureuse Boule de Suif, qui a oublie d’emmener des : provisions. : A l’auberge, c’est au cours des repas, que les voyageurs argumentent pour pousser Boule de : Suif a ceder au caprice du prussien. Les repas en commun forment un ideal pour leur entreprise, : ils parlent autour de la table sans s’adresser a Boule de Suif en particulier. Cette technique est : tres efficace car elle permet d’influencer la courtisane sans pour autant la heurter de front. : : Boule de Suif compare a de la nourriture : Symboliquement, Boule de Suif est de la nourriture car elle est compare a un objet a : consommer quand ils la livrent « en pature » a l’officier. Le narrateur compare son corps a : divers produits cosmetiques. Elle est « grasse a lard » et « appetissante ». Ses doigts sont pareils : a « de courtes saucisses ». Sa figure ressemble a « une pomme rouge »(p. 16). La metaphore de : Boule de Suif comparee a de la nourriture est confirmee par l’une des plaisanteries de Loiseau : qui propose de manger de « manger le plus gras des voyageurs ». Ces comparaisons enlevent toute dignite a cette victime, que l’on traite comme un objet a consommer. :

c) La guerre : : Maupassant consacre les premieres pages de son recit a une description tres realiste de la : guerre. : Au niveau metaphorique, toute la « conspiration » des voyageurs pour amener Boule de Suif a : ceder au desir du prussien est comparee a un combat militaire. On le voit bien dans ce passages : : : « Chacun convint du role qu’il jouerait, des arguments dont il s’appuierait, des man? uvres qu’il : devrait executer. On regla le plan des attaques, les ruses a employer, et les surprises de l’assaut pour forcer cette citadelle vivante a recevoir l’ennemi dans la place (p. 33) : Cette metaphore est continue jusqu’a la capitulation de cette « citadelle vivante » qu’est Boule : de Suif. Les arguments de la religieuse font « breche » (p. 35) dans sa resistance. Cette : resistance est comparee au rempart d’une forteresse qui s’effondre sous les coups de l’ennemi. : Cette metaphore de la guerre est ironique car ces laches, qui s’abaissent devant l’ennemi en : realite, deviennent des stratagemes quand il s’agit de s’attaquer a plusieurs a Boule de Suif qui : est une malheureuse isolee. Enfin le « viol » de Boule de Suif est un symbole du « viol » de la France par les prussiens. Ce : mot parait peut-etre exagerer car Boule de Suif se rend d’elle meme mais c’est a cause de la : violence morale qu’elle subit. On voit bien qu’a la fin, Boule de Suif offre l’image d’une femme : violee car elle est « troublee, honteuse » et se sent «souillee par les baisers de ce Prussien » : (p. 39). : : :

d) Le realisme : : Boule de Suif est une nouvelle realiste car l’histoire est situee dans l’Histoire ( la guerre de : 1870) et le cadre geographique est fidele. Ce n’est pas un hasard si Maupassant a choisi la Normandie parce sue c’est sa region natale qu’il connait tres bien et toutes les localites citees : (Rouen, Dieppe, Totes) pourraient tres bien constituer, en realite, les etapes d’un voyage en : diligence. : Rien dans cette nouvelle n’est invraisemblable ou irrationnel. Les evenements s’y deroulent dans : un ordre logique et les actions de chaque personnage y sont justifiees par des mobiles precis et : intelligibles. Par exemple, nous savons pourquoi les voyageurs ont quitte Rouen. Boule de Suif : fuit pour sa surete car elle a agresse un militaire prussien et elle risque donc de se faire arreter. Ce detail explique peut-etre pourquoi c’est a elle que l’officier prussien demande les faveurs. : Quand il a verifie l’identite des voyageurs, il a su qu’elle s’appelait Elisabeth Rousset comme la : femme que recherchent ses compatriotes a Rouen. Il sait que Boule de Suif risque de recevoir : une punition severe et conclut que la peur l’amenera a se donner a lui. En plus, il sait peut-etre : que c’est une femme galante. Ainsi les causes de la conduite du prussien sont expliquees. : Il y a de nombreuses descriptions. Les personnages et les lieux sont decrits en detail. Les individus sont definis par rapport a leur milieu social, leur profession et leur place dans la societe. : Chaque personnage represente un echantillon d’un type social. : : :

e) L’argumentation : : Les voyageurs argumentent pour pousser Boule de Suif a capituler. Ils vont utiliser quatre : strategies : la flatterie, les exemples heroiques, l’argument religieux et de la charite. : C. Conclusion : : Dans cette nouvelle realiste, Maupassant a une vision pessimiste de la societe. Il denonce la : bassesse de la « bonne » societe qui est egoiste, lache, hypocrite et sans honneur et sans aucun sens patriotique. La crise qu’ils viennent de subir n’a pas change leur caractere. Quand a Boule : de Suif, elle est toujours aussi exclue et meprisee a la fin qu’elle l’etait au debut malgre son : sacrifice. Cela montre que le niveau social ne fait pas la valeur morale. Boule de Suif apparait : bien plus respectable que la societe dite « honnete ». Nous voyons bien que Maupassant est : pour Boule de Suif et qu’il cherche a nous faire ressentir la compassion pour cette marginale qui : est pathetique. Cette nouvelle ressemble a La Folle.

 

POURQUOI ÉTUDIER MAUPASSANT?

Aborder les Contes réalistes et contes fantastiques1 de Maupassant dans le cours « Littérature et imaginaire » au collégial s’avère un choix judicieux. Dans ce recueil où l’imaginaire est indissociable de la littérature, les représentations du monde, élément-clé de la compétence de ce deuxième cours de français, semblent toujours actuelles pour le lecteur. D’ailleurs, l’œuvre, qui s’inscrit dans deux courants qui ont nettement marqué le XIXe siècle, foisonne de situations à analyser et suscite généralement l’intérêt des étudiants. En effet, l’ironie est une forme d’humour qu’aiment particulièrement les étudiants, et le fantastique alimente encore aujourd’hui l’univers de nombreux cinéastes et auteurs. Quoique les situations réalistes des contes de Maupassant soient éloignées de celles des jeunes d’aujourd’hui, les thèmes de son œuvre sont universels : l’hypocrisie, les inégalités sociales, le doute et la peur rejoignent une grande quantité d’individus.

 

Pour l’enseignant soucieux de respecter un fil conducteur pertinent, l’hypocrisie que dénonce Maupassant permettrait d’observer différentes facettes du monde dans la littérature de 1850 à aujourd’hui2. En effet, la littérature du XXe siècle en France et au Québec est nettement marquée de personnages menteurs et avares. Ainsi, l’enseignant pourrait aborder les contes de Maupassant en début de session. Si l’étude de ce recueil s’avère pertinente en ce qui concerne les différents thèmes et la critique de la société, elle permet également à l’enseignant d’observer les habiletés d’analyse de ses étudiants par la rédaction d’une dissertation qui traduit leur compréhension et leur appropriation des textes.

 

 

L’IRONIE ET LE DOUTE COMME OBSTACLES

Bien que la lecture des contes de Maupassant ne pose généralement aucun problème aux étudiants et que leur compréhension semble tout à fait juste, l’ironie de l’auteur ne les atteint pas tous. Présente surtout dans les deux contes réalistes du recueil, l’ironie jette un regard nouveau sur la société. Si les étudiants comprennent l’essentiel de l’histoire, mais qu’ils ne perçoivent pas cette forme d’humour, ils ne peuvent pas déceler les opinions qu’émet l’auteur dans ses écrits. Les connaissances socioculturelles des lecteurs sont mises à l’épreuve : les étudiants doivent connaitre les enjeux de la guerre franco-prussienne, mais également tout le contexte du XIXe siècle pour être en mesure de saisir toutes les subtilités du texte. Par ailleurs, les personnages des deux contes réalistes caricaturant les différentes classes sociales de l’époque, la compréhension des caractères physiques et psychologiques des personnages mène à une analyse plus poussée et plus fine de l’œuvre. En effet, puisque les personnages demeurent très typés, leur description permet aux étudiants de bien les situer et de saisir l’ironie de l’auteur.

 

Les contes fantastiques de Maupassant, qui poussent à l’extrême les caractéristiques du réalisme pour semer le doute à propos des personnages, posent également un problème de compréhension chez les étudiants. Si l’ambigüité et la peur priment dans ce genre de conte, les étudiants doivent toutefois maitriser la forme du texte pour bien en saisir l’importance : les procédés stylistiques qu’utilise l’auteur traduisent généralement le doute chez les personnages. C’est effectivement la façon dont écrit Maupassant qui permet à l’étudiant de percevoir la folie grandissante du personnage dans « Le Horla ». Par ailleurs, le courant fantastique a inspiré de nombreux auteurs et cinéastes de sorte que plusieurs genres sont associés au fantastique aujourd’hui. Si les étudiants doivent maitriser ce courant, ils doivent également comprendre les différences qui imposent une limite entre le fantastique, la fantasy et la science-fiction. Bref, la connaissance du courant fantastique est primordiale pour les étudiants qui souhaitent analyser « Le Horla3 ».

 

Au terme des cours de la séquence, les étudiants devront rédiger une dissertation explicative qui traduira leur compréhension du courant réaliste ou du courant fantastique. Ils devront ainsi :

 

1. Connaitre le contexte socioculturel du XIXe siècle et percevoir les enjeux de la guerre franco-prussienne.

2. Cerner les caractéristiques des courants réaliste et fantastique et les reconnaitre dans les textes de Maupassant.

3. Peindre le caractère des personnages principaux des deux contes réalistes afin de déceler la critique qu’émet l’auteur.

4. Appréhender la forme du texte et prouver la pertinence des procédés littéraires dans la compréhension du récit.

5. Illustrer leur solide maitrise des contes de Maupassant par la rédaction d’une dissertation explicative.

 

 

LE DÉROULEMENT DE LA SÉQUENCE

Les activités, qui se déroulent sur une période de huit cours de 100 minutes, visent principalement la compréhension approfondie des étudiants de sorte qu’ils soient en mesure de rédiger une dissertation qui traduit leur bonne maitrise des contes. Cette dissertation se concentrera sur les contes « Boule de Suif » et « Le Horla ». Les étudiants devront tout de même lire « La Parure », puisque ce conte servira d’exemple pour la dissertation.

 

 

AVANT LA LECTURE DE « BOULE DE SUIF »

 

Activité 1 – Qu’est-ce que le conte? (30 minutes)

Le conte d’aujourd’hui n’étant plus ce qu’il était, il importe que l’enseignant jette une bonne base sur les notions de conte et de nouvelle. Comme activité d’amorce, il invite les étudiants à expliquer, selon eux, ce qu’est un conte. Il peut également s’inspirer d’histoires et de contes connus de tous afin de faire remarquer des particularités qui échappent aux étudiants. Par exemple, l’enseignant peut questionner ses étudiants sur la différence entre le conte « Le Chat botté » et le conte « La Parure ». Si les étudiants perçoivent certaines divergences, ils ne comprennent toutefois pas pourquoi on parle de conte dans les deux cas… Canvat associe cette étape à celle de « l’exemple oui, mais » : « l’élève retient au départ un attribut de la notion, puis un autre, élimine un attribut qu’il avait cru pertinent, mais qu’il ne retrouve pas dans un autre exemple, vérifie le bien-fondé de ses choix grâce aux contre-exemples, affine de plus en plus sa réflexion, jusqu’au moment où il est en mesure de formuler la définition de la notion dans l’extension de tous ses attributs.4 » Enfin, au moyen d’une présentation PowerPoint, l’enseignant confirme les hypothèses de ses étudiants et distingue la nouvelle du conte en indiquant les caractéristiques propres à chacun des genres.

 

Activité 2 – « La Parure » (70 minutes)

Puisque cette séquence s’insère au début de la session, l’enseignant doit expliquer aux étudiants ce qu’il attend d’eux. La majorité des étudiants n’ayant jamais écrit de dissertation explicative, il importe que l’enseignant s’y attarde. Ainsi, les étudiants devront avoir lu le conte « La Parure » afin de réaliser les différentes activités qui leur permettront de maitriser cette forme.

 

Afin de s’assurer de la bonne compréhension de la nouvelle, l’enseignant pose quelques questions qui servent à pousser la réflexion de ses étudiants.

 

a. Pourquoi l’auteur explique-t-il que les femmes « n’ont point de caste, ni de race »? En quoi cette phrase est-elle importante pour la compréhension du conte?
b. Quel est le nom de la rue où habitent les Loisel? Expliquez en quoi le choix de ce nom est symbolique dans la nouvelle.
c. Relevez les différents champs lexicaux dans l’extrait du bal (du début à la fin de la soirée) et montrez en quoi ils traduisent les sentiments de Mathilde.
d. Selon vous, quelle est la symbolique des escaliers à la fin de la scène du bal?

 

L’enseignant demande aux étudiants de formuler des hypothèses selon leur lecture. « Cette stimulation des processus de lecture requiert surtout qu’on cesse de considérer la lecture comme l’observation passive d’un tout donné ou comme le décodage fidèle d’un prétendu programme textuel pour s’intéresser à son fonctionnement réel.5 » Cette étape vise alors à faire discuter les étudiants sur leurs suppositions et sur ce qu’ils ont compris du conte. Nul ne peut rédiger une dissertation sans d’abord comprendre le sens du texte qu’il analyse.

 

Par la suite, les étudiants sont soumis à une situation de rédaction : l’enseignant leur propose un sujet sur « La Parure » (montrez que le désir de bien paraitre entraine la perte des personnages) et leur demande de trouver deux idées principales qui figureraient dans une dissertation. L’enseignant aura préalablement préparé deux dissertations sur ce sujet (l’une qui peut être proposée comme modèle et l’autre qui sert de contrexemple). Une fois leurs idées trouvées, les étudiants doivent lire les deux dissertations, trouver les éléments principaux d’une dissertation (sujet amené, sujet posé, sujet divisé, idées principales, etc.) et justifier les raisons pour lesquelles le contrexemple est, justement, un contrexemple.

 

 

APRÈS LA LECTURE DE « BOULE DE SUIF »

 

Activité 3 – Le contexte sociohistorique et le réalisme (50 minutes)

Le début du conte de Maupassant peut dérouter les lecteurs du collégial : la description très détaillée des armées française et prussienne et la longue mise en situation s’éloignent de leur réalité… La connaissance du contexte sociohistorique du XIXe siècle s’avère capitale dans la compréhension du conte (toute l’ironie de Maupassant est exprimée dans le contexte). L’enseignant demande donc aux étudiants de faire un exercice d’association : à chaque régime politique doivent être associés les courants littéraires les plus populaires, les dirigeants du pays, les situations économiques, etc. Le but de cette activité vise à réactualiser les connaissances antérieures des étudiants et à les inviter à relever un défi, puisque la majorité d’entre eux ne connait pas parfaitement l’histoire de la France. Et « si la tâche n’offre aucun défi à l’élève, elle peut lui apparaitre comme peu importante.6 » D’ailleurs, les étudiants n’auront aucun corrigé de cet exercice : les réponses leur seront données par l’entremise d’une présentation PowerPoint. Ainsi, ils doivent écouter le cours et prendre des notes pendant que l’enseignant donne un exposé magistral informel7. Dans cet exposé, l’enseignant doit également parler du réalisme, puisque « Boule de Suif » s’inscrit dans ce courant littéraire.

 

Activité 4 – L’ironie et le narrateur omniscient (15 minutes)

Même si le conte s’inscrit dans le réalisme et qu’il devrait être « objectif » dans ses descriptions, ce n’est pas le cas. Par diverses questions, l’enseignant amène les étudiants à comprendre l’ironie de Maupassant : Qui est le narrateur dans le récit? Pourquoi l’auteur a-t-il choisi un narrateur omniscient, s’il n’est pas objectif? Pourquoi vous attachez-vous davantage au personnage de Boule de Suif qu’à celui du comte de Bréville? Quelle est l’ironie dans les descriptions des personnages? Quelle est l’ironie de la nouvelle?

 

Activité 5 – Les personnages (35 minutes)

La compréhension des personnages étant capitale, l’enseignant regroupe ses étudiants en équipes de quatre personnes. Chaque équipe doit analyser un couple de personnages (les Bréville, les Carré-Lamadon, les Loiseau, les religieuses et Boule de Suif et Cornudet) : les étudiants doivent décrire les personnages psychologiquement et physiquement. Selon Aylwin, « l'apprentissage est un phénomène d'ordre essentiellement social, où l'interaction avec autrui est nécessaire pour obtenir l'information, pour la transformer, pour la valider, pour l'utiliser et la transmettre; il faut donc insister sur le fait que l'écoute individuelle, silencieuse et passive n'est pas naturelle; c'est le dialogue, la confrontation des points de vue et le partage qui sont naturels et qui aident les élèves à renouveler constamment leur motivation.8» Source de motivation, ce travail d’équipe permet aux étudiants de confronter leurs observations. Ensuite, une fois les caractéristiques ressorties, ils doivent trouver un personnage de livre ou de film ou une personnalité connue qui ressemble à un des deux personnages qu’ils ont analysés. Cette étape vise la compréhension des étudiants : non seulement ils dressent le portrait du couple, mais ils s’assurent également une excellente compréhension en créant des liens avec des personnages qu’ils connaissent déjà. « L’élève apprend ainsi à transférer ses connaissances d’une situation à une autre.9 » De cette façon, également, ils perçoivent davantage l’hypocrisie des personnages et l’ironie dont Maupassant fait preuve dans ses descriptions.

 

Activité 6 – Les personnages et l’ironie de Maupassant (50 minutes)

Cette activité se déroule normalement dans la première moitié d’un cours de 100 minutes. Comme activité d’amorce, l’enseignant relate un fait divers qui pourrait ressembler à la situation dans « Boule de Suif ». L’hypocrisie étant un défaut encore bien présent dans notre société, il est assez simple de trouver des exemples pertinents au cours… Cette entrée en matière a pour but de faire comprendre aux étudiants que ce qu’a écrit Maupassant il y a plus de 100 ans est encore très actuel.

 

Ensuite, puisque chaque équipe n’aura analysé qu’un seul couple de personnages, l’enseignant demande aux membres des équipes de se regrouper et « d’enseigner » à leurs collègues ce qu’ils auront analysé. L’enseignant joue donc un rôle de guide alors que les autres étudiants sont actifs dans leur apprentissage. En effet, « traditionnellement, l’élève était considéré comme un “vase vide” et on tenait pour acquis que l’enseignant possédait les connaissances et devait les transvaser dans la tête de l’apprenant. Maintenant, on conçoit l’élève comme un “apprenti” qui cherche du sens dans ce qu’il fait.10 » En partageant leurs observations, les étudiants contribuent à la réussite de leurs collègues, puisque chacun apporte un élément important dans l’histoire.

 

Par la suite, l’enseignant pose différentes questions qui allient l’ironie, la description des personnages et le contexte sociohistorique du XIXe siècle. Ces questions forment ainsi la synthèse sur « Boule de Suif » et permettent aux étudiants de discuter de certains détails et d’approfondir leur compréhension des raisons qui motivent les personnages à agir de la sorte. Ces questions se répondraient en plénière :

 

a. Pourquoi le comte n’est-il pas bonapartiste, mais plutôt orléaniste?
b. Pourquoi surnomme-t-on Cornudet « le démoc  ? En quoi cette appellation le distingue-t-elle de Boule de Suif, qui est pourtant une personne du peuple, comme lui?

c. Quel est le véritable nom de Boule de Suif? En quoi est-il en lien avec Cornudet?

 

Évidemment, beaucoup d’étudiants risquent de poser d’autres questions, et l’enseignant doit toujours agir comme guide dans la discussion.

 

 

AVANT LA LECTURE DU « HORLA »

 

Activité 7 – Qu’est-ce que le fantastique? (50 minutes)

Dans la seconde moitié de cours, l’enseignant débute par une brève explication sur le lien implicite entre le réalisme et le fantastique : il s’assure que les étudiants comprennent que le fantastique est le prolongement, ou un courant poussé à l’extrême, du réalisme. Puis, il fait écouter la chanson Descendus au chantier du groupe Mes Aïeux11. Cette chanson, qui relate la Chasse-Galerie de façon moderne, présente quelques caractéristiques du fantastique que les étudiants connaissent généralement bien. Pourtant, plusieurs d’entre eux ne peuvent différencier la science-fiction, la fantasy (ou le merveilleux) et le fantastique. C’est la raison pour laquelle l’enseignant présente un court PowerPoint qui précise les caractéristiques de ces trois genres, mais également les origines du fantastique. À l’aide de films (Les autres12, Le magicien d’Oz13 et 2001 : L’Odyssée de l’espace14), l’enseignant peut faire appel aux connaissances antérieures des étudiants afin qu’ils distinguent les genres. « Les jeunes peuvent ainsi poser un regard critique sur le cinéma, sur ses manières d’expression et ses contenus, et faire des liens avec ceux de l’œuvre littéraire.15 » Dans ce cas-ci, ils peuvent établir un lien entre les caractéristiques du fantastique, de la fantasy et de la science-fiction grâce aux films en exemple.

 

C’est d’ailleurs dans cette optique cinématographique que l’enseignant poursuit son cours : il fournit une liste de 18 films (six pour chacun des genres) à classer. Les étudiants, en équipe de quatre personnes, doivent justifier leur choix et trouver trois autres films qui appartiendraient au fantastique, à la fantasy ou à la science-fiction. Si cette activité semble ludique pour les étudiants, elle fait office de synthèse et leur inculque un savoir. En effet, la culture première (ici la liste de films, une culture « assimilée sans effort au gré de nos interactions16 ») bâtit la culture seconde des étudiants (ici les connaissances sur le fantastique, c’est-à-dire le « renversement, [la] “reprise en charge” [de la culture première] pour en donner des significations plus explicites17 »). Enfin, l’enseignant effectue un retour en plénière et discute des choix des étudiants.

 

 

APRÈS LA LECTURE DU « HORLA »

 

Activité 8 – La dualité dans le conte (30 minutes)

Si les thématiques du « Horla » rejoignent plus facilement les étudiants, le doute et la peur présents dans le journal d’écriture du narrateur se perçoivent plus difficilement. En effet, ce sont les procédés d’écriture du narrateur (donc de Maupassant) qui trahissent les sentiments du personnage et qui illustrent la dualité dans le texte. Il importe que l’enseignant le fasse remarquer à ses étudiants. Pour ce faire, il propose un petit exercice à faire en équipe de deux personnes. Cet exercice vise leur prise de conscience quant à la façon d’écrire de Maupassant :

 

a. Durant les évènements du 6 et du 7 aout, le narrateur est-il certain d’être fou? Doute-t-il de ce qu’il voit? Expliquez l’incohérence dans le récit du personnage.
b. Qu’y a-t-il de particulier dans les deux entrées du 19 aout? Trouvez un élément qui montre l’incohérence du personnage et expliquez en quoi cela peut prouver qu’il perd la tête.
c. Le Horla existe-t-il réellement?

 

Durant la correction, l’enseignant s’assure que les étudiants comprennent bien l’idée de doute et de lucidité et qu’ils voient que les procédés stylistiques de l’auteur renforcent l’incohérence du personnage.

 

Activité 9 – Le film Les autres (20 minutes)

Le film fantastique Les autres, bien qu’il ne montre pas en images le conte du « Horla », ressemble étrangement à la nouvelle de Maupassant. Les différentes caractéristiques du fantastique déjà présentes chez Maupassant sont les mêmes dans l’œuvre cinématographique. L’enseignant présente donc trois extraits18 du film afin de « permettre l’identification et l’appropriation des codes et des éléments spécifiques et non spécifiques qui font naitre les récits écrits et filmiques d’une histoire.19 » Les étudiants peuvent ainsi mettre en image les différents éléments qui définissent le fantastique.

 

Activité 10 – La courte nouvelle fantastique (50 minutes)

Afin de faire place à un peu de créativité, l’enseignant demande à ses étudiants d’écrire une courte nouvelle fantastique, à remettre pour le cours suivant, dans laquelle le surnaturel côtoie le réel et dans laquelle la peur est bien présente. Selon Paré, « l'écriture est avant tout un instrument de création, d'exploration et d'émergence. Avant d'être un produit, c'est un processus, grâce auquel chacun de nous peut entrer en contact avec son expérience de la réalité, sa compréhension des évènements, sa relation à l'univers.20 » Bref, l’écriture de la nouvelle permet aux étudiants de lier leur réalité à une situation fantastique. Concrètement, ils appliquent des procédés stylistiques afin d’intégrer des notions qu’ils ont vues et qu’ils doivent comprendre et maitriser. Ce jeu d’écriture se veut la synthèse du fantastique, puisque les étudiants intègrent les concepts fondamentaux de ce courant littéraire.

 

 

AVANT LA RÉDACTION DE LA DISSERTATION

 

Activité 11 – L’examen formatif et les critères de correction (100 minutes)

Cette période s’avère primordiale pour les étudiants : il s’agit du moment où ils sont concrètement soumis à une évaluation qui ressemble à celle qu’ils auront à faire durant les trois prochains cours. « Dans la démarche d'apprentissage, cela suppose que l'élève est appelé à contrôler, avec l'aide du professeur, chaque étape de son travail, et à corriger, au fur et à mesure, les lacunes constatées.21 » L’enseignant présente donc sa grille de correction et précise les éléments pertinents pour la rédaction de l’analyse. Il laisse ensuite les étudiants rédiger un plan pour chacun des deux sujets suivants (tout en les guidant en pointant les bons et les moins bons coups).

 

a. Dans « Boule de Suif », montrez que les personnages sont conformes du début à la fin de la nouvelle.

 

b. Montrez que « Le Horla » est une nouvelle fantastique.

 

 

L’ÉVALUATION

 

L’enseignant réserve trois périodes de 100 minutes chacune afin de laisser ses étudiants rédiger leur dissertation. Ils disposent ainsi d’une période réservée à la rédaction de leur plan et de deux périodes pour la rédaction. Au terme de ces heures, l’enseignant évaluera le travail de ses étudiants à l’aide de sa grille de correction.

 

Deux sujets (un par conte à l’évaluation) sont donnés aux étudiants en début d’évaluation :

 

a. Montrez que l’hypocrisie sociale mène au sacrifice de Boule de Suif.

 

b. La question de la folie ou de la lucidité n’est pas résolue dans « Le Horla ». Expliquez.

 

Les étudiants peuvent choisir celui qu’ils préfèrent.

 

 

NOTES

1. Maupassant, G. (1999). Contes réalistes et contes fantastiques. Étude de l’œuvre par Josée Bonneville. Montréal : Beauchemin.

2. Selon le devis ministériel, les œuvres qui peuvent être au programme du deuxième cours de français doivent être des œuvres de 1850 à aujourd’hui. [MELS. (2012). Formation générale commune, propre et complémentaire aux programmes d’études conduisant au diplôme d’études collégiales. Repéré à
http://www.mels.gouv.qc.ca/sections/publications/publications/Ens_Sup/Affaires_universitaires_collegiales/Ens_collegial/FormGenComPropreComplProgEtudesCondDEC_2011_f.pdf].

3. Nous ne nous attarderons pas au conte « La Main » dans cette séquence. L’enseignant peut toutefois suggérer à ses étudiants de le lire pour l’utiliser comme sujet amené ou comme ouverture dans sa dissertation.

4. Canvat, K. (1999). Enseigner la littérature par les genres. Bruxelles : De Boeck, Duculot. p. 137.

5. Dufays, J.-L. Gemenne, L. Ledur, D. (1996). Pour une lecture littéraire 1. Bruxelles : De Boeck et Larcier. p. 174.

6. Barbeau, D. Montini, A. Roy, C. (octobre 1997). Comment favoriser la motivation scolaire. Pédagogie collégiale. 11(1). p. 11.

7. Il ne s’agit pas ici de faire un récit exhaustif des évènements qui ont marqué la France durant ce siècle, mais plutôt d’en faire un survol (en se concentrant sur les enjeux de la guerre franco-prussienne) afin que les étudiants aient une bonne idée de ce dont Maupassant parle dans ses nouvelles.

8. Aylwin, U. (mars 1994). Le travail en équipe : pourquoi et comment?. Pédagogie collégiale. 7(3). p. 29.

9. Barbeau, D. Montini, A. Roy, C. (octobre 1997). Op. cit. p. 10.

10. Giasson, J. (1990). La compréhension en lecture. Boucherville : Gaëtan Morin. p. 27.

11. Mes Aïeux. (2000). Descendus au chantier. Ça parle au diable! [disque]. Montréal : Victoire.

12. Amenábar, A. (2001). Les autres [film]. États-Unis, Espagne : Cruise/Wagner Productions.

13. Fleming, V. (1939). Le magicien d’Oz [film]. États-Unis : MGM.

14. Kubrick, S. (1968). 2001: L’Odyssée de l’espace [film]. États-Unis : MGM.

15. Lacelle, N. (2006). L’intégration du film dans une approche culturelle de l’enseignement de l’œuvre littéraire. A.-M. Boucher et A. Piolte. [Dir]. La culture en classe de français. Québec : Publications Québec français. p. 43.

16. Falardeau, E. Simard, D. (2011). La culture dans la classe de français. Témoignages d’enseignants. Québec : Presses de l’Université Laval. p. 4.

17. Idem

18.  Il y a beaucoup de scènes qui ressemblent à celles du « Horla », mais nous avons choisi celle où le piano joue seul même s’il est verrouillé (pour faire référence l’épisode du miroir), celle où la petite fille est « possédée » par une vieille dame (pour faire référence à la scène de la rose qui flotte dans les airs) et celle où les rideaux disparaissent durant la nuit (pour faire référence à la scène de la carafe d’eau).

19. Lacelle, N. (2006). Op. cit. p. 43.

20. A. Paré cité dans Ménard, L. (décembre 1990). Et si écrire rimait avec plaisir? ou l’apprentissage de l’écriture, revu et corrigé. Pédagogie collégiale. 4(2). p. 16.

21. Aylwin, U. (mars 1995). Apologie de l’évaluation formative. Pédagogie collégiale. 8(3). p. 26.

 

 

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